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Manger localeMent et nourrIr la planète
Depuis quelques années, le mouvement de l’alimentation locale a pris beaucoup d’ampleur au Canada. La définition du terme « aliment local » varie; pour certains, cela signifie un aliment régional, alors pour d’autres, cela désigne n’importe quel aliment produit dans leur province ou leur pays.
L’engouement pour les aliments locaux a entraîné l’ouverture de nouveaux marchés de producteurs et de magasins spécialisés dans la vente d’aliments locaux ainsi que le lancement de nombreuses campagnes d’achat local partout au pays. Ces campagnes encouragent les consommateurs à appuyer les agriculteurs de leur région en achetant les fruits, les légumes, les viandes, les fromages, les confitures, les miels et les produits de boulangerie qu’ils fabriquent.
Ce ne sont pas tous les agriculteurs qui peuvent produire des aliments pour la consommation locale. Le climat canadien ne nous permet pas de cultiver à l’année et ne convient pas à certaines cultures comme le café, les fruits tropicaux et le riz.
Par contre, les sols fertiles de notre vaste pays nous permettent de produire d’importantes quantités de denrées de consommation courante pour lesquelles il existe une importante demande mondiale comme les légumineuses (pois secs, haricots secs, lentilles et pois chiches), le canola, le maïs, le blé et le soya.
le gaspIllage
Selon les Nations Unies, environ le tiers de la nourriture produite ne parvient pas à la table des consommateurs. Une récente étude réalisée par le World Resources Institute et le Programme des Nations Unies pour l’environnement indique qu’une calorie sur quatre produite par le système agricole mondial serait perdue ou gâchée37. Plus près d’ici, une étude menée en 2010 par le Value Chain Management Centre a estimé que la valeur de la nourriture gaspillée annuellement au Canada s’élevait à 27 milliards de dollars38.
Il est important d’investir dans des stratégies qui préviennent le gaspillage de la nourriture dans tous les maillons de la chaîne d’approvisionnement, des fermes jusqu’aux cuisines.
La main-d’œuvre agricole
Comme les fermes prennent de l’expansion, les agriculteurs doivent recourir à des employés (en plus des membres de leur famille) pour effectuer toutes leurs tâches. La technologie et les équipements constituent d’importants outils, mais ce qui compte le plus dans une ferme, ce sont les ressources humaines.
Les cultures de fruits et légumes sont particulièrement exigeantes en main-d’œuvre, car il n’existe pas de machines pour planter, gérer et récolter bon nombre de ces cultures. Depuis la création du Programme des travailleurs agricoles saisonniers (PTAS) en 1966, des ouvriers agricoles du Mexique, de la Jamaïque et d’autres pays des Caraïbes orientales viennent travailler temporairement au Canada. Ce programme est une solution parfaite à la fois pour les agriculteurs canadiens qui font face à une pénurie de main-d’œuvre et pour les travailleurs de ces pays où le taux de chômage est élevé.
La vérité au sujet de l’agriculture	21
PRoFIL D’AgRICuLTeuR
natif de la Jamaïque, Donald Deyer a commencé à travailler dans une ferme maraîchère du Sud-ouest de l’ontario à l’âge de 29 ans. Maintenant âgé de 58 ans, M. Deyer a passé une bonne partie de sa vie adulte à récolter des légumes au Canada. Comme de nombreux travailleurs saisonniers, il arrive au Canada à la fin du printemps et y demeure pendant environ six mois, jusqu’à la fin de la saison de production.
grâce à son emploi au Canada, M. Deyer a pu scolariser ses trois filles et son fils et acheter une maison plus confortable. Il estime gagner 10 fois plus d’argent au Canada qu’il en gagnerait en Jamaïque. Même si sa famille lui manque, il est heureux de retourner au Canada tous les printemps.
M. Deyer est l’une des nombreuses personnes pour qui le programme a été très bénéfique. environ 20 000 travailleurs agricoles étrangers viennent au Canada chaque année dans le cadre du PTAS et certains d’entre eux viennent depuis des dizaines d’années. Plusieurs travailleurs tissent des liens d’amitié avec la famille de leur employeur. Quelques-uns s’investissent dans leur communauté adoptive en faisant du bénévolat ou en devenant membres de clubs philanthropiques ou de groupes confessionnels. Pour de plus amples renseignements, visitez www.farmsontario.ca.
Fait intéressant :
Chaque année, les consommateurs des pays riches gaspillent autant de nourriture (222 millions de tonnes) que la totalité de la production alimentaire nette de l’Afrique subsaharienne (230 millions de tonnes)39.


































































































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