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PRoFIL D’AgRICuLTeuRS
Curtis et Ann Millen pratiquent l’agriculture avec leurs fils eric, Jonathan, nathan et Brandon au cœur des bleuetières de la nouvelle- Écosse. en plus de cultiver des fraises, la famille s’occupe de 500 acres de bleuets nains sauvages. Les bleuets des Millen sont connus pour le maintien de leur teinte bleu grisâtre, ce qui leur donne l’apparence d’être fraîchement cueillis. Selon Ann, ce sont la cueillette manuelle et la congélation sans trempage préalable dans l’eau
qui permettent de maintenir la couleur authentique des bleuets.
On croit souvent à tort que l’agriculture d’antan était en harmonie avec la nature et que la dégradation de l’environnement est liée à l’avènement de l’agriculture moderne. L’histoire révèle pourtant une réalité bien différente.
Croplife Canada
Les agriculteurs :
des environnementalistes actifs
nous comprenons l’importance d’avoir des sols sains, de l’eau propre et de l’air pur. nous vivons à la ferme et nous dépendons de l’environnement pour créer un milieu sain où il fait bon vivre et où les conditions sont favorables aux cultures et à l’élevage. Le temps venu, nous voulons léguer à nos enfants une ferme en meilleur état qu’elle l’était au moment où nous l’avons nous- mêmes acquise.
nous investissons dans la recherche environnementale tant personnellement que par l’intermédiaire des associations de producteurs. nous contribuons également à l’élaboration de programmes de vulgarisation des plus récentes découvertes. Le Canada est d’ailleurs un leader mondial en matière de programmes environnementaux à la ferme.
Les cultures et l’environnement
L’agriculture d’antan était-elle plus écologique?
Un agriculteur dans son champ pendant le Dust Bowl américain. La poussière de ces tempêtes était causée par la sécheresse et des pratiques trop intensives de travail du sol.
Avant les années 1850, les pionniers avaient adopté un système de monoculture de blé en alternance avec une jachère d’été bisannuelle. Autrement dit, il y avait une production qu’une année sur deux et, pendant l’année non productive, on travaillait intensément le sol pour détruire les mauvaises herbes. Cette pratique inefficace détériorait les sols et les rendait moins fertiles. De plus, les agriculteurs pulvérisaient des composés de soufre, de mercure et d’arsenic sur leurs cultures pour lutter contre les ravageurs et les maladies. Bon nombre de ces produits ne sont plus utilisés de nos jours à cause de leur toxicité ou de leur persistance dans l’environnement.
Jusqu’aux années 1980, la plupart des agriculteurs des Prairies brûlaient leurs champs en chaume pour faciliter les semis l’année suivante. Aujourd’hui, ils utilisent plutôt une technique de culture sans labours, c’est-à-dire qu’ils laissent les résidus de culture intacts dans les champs et ils sèment directement dans le sol. Cette technique permet de conserver l’humidité du sol et la matière organique (les éléments nutritifs) et de réduire l’érosion du sol. De plus, elle facilite le travail des agriculteurs et ne produit pas de fumée qui nuit à la qualité de l’air.
Nous continuons toujours d’apprendre de nos erreurs. Par exemple, la rotation des cultures est devenue la norme et nous nous préoccupons davantage de la santé des sols. Les produits antiparasitaires sont également plus sécuritaires et strictement réglementés
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