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la varIété Met du pIquant
De nos jours, les agriculteurs produisent diverses cultures et évitent de semer la même culture dans le même champ année après année. Comme les organismes nuisibles s’attaquent seulement à certaines cultures, les rotations aident à minimiser les populations de ravageurs et les réservoirs d’agents pathogènes. En outre, elles favorisent la santé des sols en prévenant l’épuisement des éléments nutritifs, car chaque culture a des besoins nutritionnels différents. À l’Île-du-Prince-Édouard, par exemple, une rotation de trois ans est maintenant obligatoire. La rotation la plus commune comprend la pomme de terre, les céréales (comme le blé ou l’orge) et les plantes fourragères (comme des graminées).
la culture sans labours gagne du terraIn
Soumis aux conditions météorologiques, les agriculteurs sont les premiers à vivre les changements climatiques et à s’y adapter. Par exemple, les sécheresses persistantes dans les Prairies ont incité plusieurs agriculteurs à modifier de façon importante leurs méthodes de travail du sol.
Le travail du sol est une pratique millénaire qui consiste à labourer et à herser le sol dans le but, entre autres, d’éliminer les mauvaises herbes. Bon nombre de producteurs canadiens ont adopté des techniques de culture sans labours ou avec travail minimal du sol. Ainsi, les résidus de culture de l’année précédente, comme le chaume de maïs, sont laissés en place où ils contribuent à enrichir la terre de matières organiques. Les cultures résistantes à certains herbicides (mises au point au moyen de la biotechnologie) permettent aux producteurs de lutter contre les mauvaises herbes sans avoir à labourer leurs champs.
Les techniques de culture sans labours ou avec travail minimal du sol favorisent le maintien des populations d’insectes bénéfiques et préviennent l’érosion du sol et la perte d’éléments nutritifs. La préparation du sol se fait plus rapidement et nécessite moins de main-d’œuvre et de carburant, réduisant ainsi les émissions de gaz à effet de serre.
Depuis 1987, l’érosion du sol a diminué de 69 % dans la culture du maïs, de 49 % dans celle du soya et de 50 % dans celle du blé51.
de quoI est coMposé le sol?
Le sol est vivant. Il contient des particules de sable et d’argile, de la matière organique en décomposition, des vers, des insectes et des microorganismes. Le sol est un substrat vivant idéal pour la croissance des plantes. Un sol épuisé peut être revitalisé en l’amendant de matière organique. La couleur et la texture du sol dépendent de la proportion de chaque composante.
Sable – ce que l’on trouve à la plage Argile – ce que l’on trouve au fond d’une vallée
Matière organique – plantes, vers, bactéries et autres microorganismes en décomposition
Loam – un sol composé de sable, d’argile et de matière organique dans les proportions idéales pour la croissance des plantes
La vérité au sujet de l’agriculture	33
Selon Statistique Canada, les techniques de culture sans labours sont maintenant pratiquées sur plus de la moitié des terres agricoles canadiennes. Ces techniques sont particulièrement populaires dans les Prairies (Alberta, Saskatchewan et Manitoba). Le Québec a doublé sa superficie de terres agricoles non labourées au cours des dernières années et a enregistré une hausse de 69 % du nombre de fermes pratiquant ces techniques50.
Sarah Cameron
Fait intéressant :
Les pratiques de conservation du sol au Canada permettent d’éviter la combustion de plus de 170 millions de litres de carburants chaque année49.


































































































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