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Le fumier peut-il contaminer l’eau?
Du fumier mal géré peut en effet contaminer l’eau. Les agriculteurs accordent beaucoup d’importance à la qualité de l’eau. Ils respectent la réglementation et suivent des directives strictes pour assurer la propreté de l’eau. La planification de la gestion des éléments nutritifs, lesquels comprennent le fumier, les engrais commerciaux et toute autre source d’éléments nutritifs d’origine agricole, vise à optimiser l’utilisation des éléments nutritifs tout en protégeant l’environnement. La gestion des éléments nutritifs comprend :
•	des analyses de sols et de fumier pour connaître les quantités exactes d’éléments nutritifs présents afin d’épandre seulement ce que les cultures peuvent absorber et utiliser;
•	la calibration des épandeurs de fumier et d’engrais afin d’épandre les quantités voulues avec précision;
•	l’entreposage du fumier dans des installations adéquates;
•	un choix judicieux de l’emplacement des nouvelles installations agricoles afin qu’elles soient suffisamment éloignées des ressources naturelles et des voisins (la distance requise variant en fonction du type d’animaux, de la taille du troupeau, de la présence d’un plan d’eau, etc.);
•	la planification de mesures d’urgence afin de réagir efficacement et rapidement à toute éventualité.
Les animaux d’élevage et l’environnement
Environ 30 % des terres agricoles canadiennes sont trop pentues, trop rocheuses, trop froides ou trop humides pour être cultivées, mais ces terres conviennent à l’élevage du bétail. Les animaux convertissent des matières végétales peu énergétiques et indigestes pour les humains en aliments énergétiques et riches en protéines, tout en produisant de la matière organique (du fumier) qui sert à enrichir le sol. Quel programme de recyclage!
Certaines personnes croient à tort que le bétail canadien consomme des aliments qui devraient plutôt servir à l’alimentation humaine. Les animaux d’élevage et les humains ne se font pas concurrence pour les céréales.
Dans les pays qui n’ont pas de surplus de céréales, les aliments pour animaux sont composés principalement d’herbes, de fourrages ou d’autres aliments appropriés. Certains animaux peuvent manger de l’herbe, des grains déclassés, des résidus de culture comme des tiges de maïs, des feuilles et de la paille ainsi que les sous-produits de la transformation alimentaire comme les grains (ou les parties de grains) inutilisables dans la production
de céréales pour petit déjeuner. On leur donne également les céréales qui étaient destinées à l’alimentation humaine, mais qui, après avoir été endommagées par des insectes ou des intempéries, sont devenues impropres à la consommation humaine.
La recherche et l’innovation ont permis de réduire considérablement les odeurs, mais la meilleure stratégie à cet égard demeure la courtoisie. Certains agriculteurs avisent leurs voisins avant d’épandre du fumier afin de ne pas contrecarrer leurs projets. En retour, les agriculteurs sollicitent leur tolérance en leur expliquant qu’un certain degré d’odeur est inévitable.
Des éleveurs génèrent de l’électricité avec le fumier de leurs bovins par méthanisation. Ce procédé de dégradation de matières organiques (p. ex. du fumier, des végétaux et des résidus de la transformation alimentaire) en l’absence d’oxygène produit un gaz riche en méthane appelé « biogaz ». Ce gaz renouvelable peut produire de la chaleur ou d’électricité ou être transformé en un substitut de gaz naturel. Quant aux sous-produits de la méthanisation, ils peuvent être utilisés comme engrais ou comme litière pour animaux.
En Ontario, l’entreprise Grober Nutrition convertit des déchets en électricité dans un digesteur anaérobie. Comme matière première, le digesteur utilise du fumier de veau, des résidus de fabrication de croustilles, de l’huile à cuisson, du marc de café, des graisses de restaurants et des fruits et légumes rejetés par des épiceries. Non seulement le projet permet de réduire les déchets qui auraient autrement été destinés à l’enfouissement, il fournit de l’électricité à 500 maisons de la région de Cambridge. C’est formidable, non?
Les gaz à effet de serre n’ont rien à voir avec les serres. Ils s’appellent ainsi parce qu’ils agissent comme un écran en retenant la chaleur dans l’atmosphère, de la même manière que les parois d’une serre empêchent la chaleur de se dissiper. Le méthane et le dioxyde de carbone en sont des exemples. Ces gaz causeraient le réchauffement de la planète.
38	Les agriculteurs : des environnementalistes actifs
Qu’en est-il de l’odeur du fumier?
Il n’y a rien comme l’odeur du fumier pour déclencher des conflits entre agriculteurs et non-agriculteurs. L’odeur du fumier fait partie de la vie rurale; elle ne disparaîtra pas de sitôt! Des odeurs émanant des bâtiments d’élevage et des installations d’entreposage du fumier peuvent être perceptibles à tout moment de l’année, mais les odeurs sont généralement prononcées seulement pendant les périodes où les agriculteurs épandent le fumier dans les champs.


































































































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