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peut-on revenIr à des ferMes plus petItes?
Ce qui est admirable au Canada, c’est qu’on puisse choisir d’exploiter une ferme de cinq acres ou de 5 000 acres. Mais comme il n’y a que 2 % de la population qui travaillent à nourrir l’ensemble du pays, il serait impossible de nourrir toute la population s’il n’y avait que de petites fermes.
Les fermes ne devraient pas être jugées en fonction de leur taille, mais plutôt en fonction de leur productivité, de leur viabilité environnementale et du nombre de personnes qu’elles peuvent nourrir. Par exemple, une parcelle très fertile de cinq acres qui sert à la culture de légumes ou de fruits spécialisés pour un marché de niche peut être très rentable. Par contre, un boisé rocheux de 5 000 acres situé dans une région froide offre un très faible potentiel pour la production d’aliments.
Les fermes, comme bien d’autres entreprises, ont pris de l’expansion. Elles peuvent généralement réaliser des gains d’efficience en se spécialisant dans un domaine particulier, comme la serriculture ou la production laitière. Les agriculteurs sont également aux prises avec la réalité économique et doivent tirer suffisamment de revenus de leur ferme pour subvenir aux besoins d’une ou de plusieurs familles. La majorité des revenus des petits agriculteurs provient d’un emploi exercé à l’extérieur de la ferme et non pas de la ferme elle-même9.
Certaines personnes sont nostalgiques des fermes du passé. Pourtant, ceux qui ont vécu sur ces fermes ne le sont pas, car la vie n’y était vraiment pas facile. Les fermes d’antan étaient moins productives et subvenaient aux besoins alimentaires de bien moins de gens. Les agriculteurs étaient beaucoup moins conscients de leur impact environnemental. Ils n’étaient pas en mesure de prévoir la quantité et la qualité des aliments qui allaient être produits, si bien qu’il y avait parfois des pénuries d’aliments. La recherche, l’innovation et la formation continue nous permettent de mieux nous occuper de nos terres et de nos animaux, tout en produisant davantage d’aliments salubres.
Ce que nous espérons tous de tout cœur, c’est de nourrir nos concitoyens canadiens d’une façon durable, qui est bonne à la fois pour les gens, pour les animaux et pour la planète. Pour atteindre cet objectif, lequel est compliqué par l’accroissement de la population mondiale, le passé n’est pas la solution, mais il offre une fondation solide sur laquelle nous pouvons nous appuyer. Nous avons besoin de fermes de tout type et de toute taille, allant des jardins communautaires aux très grandes fermes spécialisées.
qu’en est-Il des « ferMes IndustrIelles »?
Le terme « ferme industrielle » est un terme incendiaire inventé par des activistes engagés dans la lutte contre l’agriculture; il n’est pas utilisé par les agriculteurs. Certes, il existe toutes sortes de fermes, mais il reste qu’une ferme est une ferme, et non pas une usine. Au Canada, la grande majorité des fermes sont des exploitations familiales. Le type et la taille d’une ferme n’ont pas autant d’importance que la détermination de son propriétaire à s’occuper adéquatement de ses terres, de ses animaux et de l’environnement.
Dwane Morvik
La vérité au sujet de l’agriculture	5
Nous avons mentionné plus tôt que nous avons sondé 1 200 Canadiens pour déterminer les sujets à aborder dans la présente publication. Entre autres, nous avons demandé aux répondants de classer en ordre d’importance les cinq principes de production durable : la salubrité des aliments, la santé humaine, la viabilité économique de toute la chaîne d’approvisionnement, l’environnement et le bien-être des animaux. Selon vous, lequel de
ces principes est le plus important?
La réponse :
Ces cinq principes sont importants et nous devons soupeser chacun d’entre eux de manière équitable et pratique. Par exemple, si on demandait à un producteur d’œufs de convertir son poulailler traditionnel où les poules sont logées dans des cages à un poulailler où les poules circulent librement, il faudrait considérer les cinq principes, en commençant par la santé et la sécurité des employés, la santé et le bien-être des poules, l’impact environnemental du nouveau système de production, la viabilité économique de la ferme et de la chaîne d’approvisionnement et, bien sûr, le coût des œufs pour vous et votre famille.
En nous fondant sur ces cinq principes pour orienter les sujets présentés dans la présente publication, nous espérons répondre aux questions que vous avez en rapport à l’agriculture et à l’agroalimen- taire au Canada.


































































































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