Page 36 - RealDirtFRE2017(Mar)
P. 36
Les agriculteurs savent- ils comment utiliser ces  produits?
Nous mangeons tous la même nourriture. Aussi, il est logique de ne pas prendre l’utilisation des pesticides à la légère. Tous les agriculteurs canadiens doivent être agréés pour utiliser des pesticides étiquetés « Usage réservé aux applicateurs agréés », bien que certaines différences existent entre les provinces et les territoires. Les agriculteurs doivent suivre des cours et
assister à des ateliers pour s’assurer qu’ils sont au fait des dernières technologies et pratiques agricoles, y compris du respect des exigences indiquées sur les étiquettes des produits. En Ontario, par exemple,
les agriculteurs doivent suivre un cours
et passer un examen pour obtenir la certi cation leur donnant droit d’acheter et d’utiliser des pesticides. Les cours portent notamment sur les techniques de gestion des parasites, les méthodes visant la protection de l’environnement, la manière d’éviter les risques sanitaires, les règles
d’entreposage, l’entretien des pulvérisateurs et l’importance de la tenue de registres.63
La plupart des agriculteurs habitent là où ils travaillent, boivent l’eau de leur propre puits et nourrissent leur famille avec les produits qu’ils cultivent. Il est donc dans leur
intérêt fondamental d’utiliser les produits antiparasitaires de manière responsable et durable. Faire ce qui s’impose est également logique d’un point de vue économique : les pesticides coûtent cher et, après tout, en appliquer plus que nécessaire peut s’avérer un gaspillage d’argent.
Jessica Richardson
Une crise semblable à la  « Grande famine d’Irlande »  peut-elle se produire de nos  jours?
En 1845, une étrange maladie a frappé les champs de pommes de terre d’Irlande. À l’époque, il n’existait pas de traitement pour lutter contre les organismes nuisibles et
la maladie provoquée par un champignon microscopique (qu’on allait plus tard appeler le mildiou) détruisit à maintes reprises les cultures de l’île. Puisque les pommes de terre constituaient la source d’alimentation principale pour la plupart des Irlandais de cette époque, la famine qui s’ensuivit tua plus d’un million de personnes; un autre million émigra pour fuir la faim.
De nos jours, les agriculteurs doivent encore lutter contre le mildiou et d’autres maladies
de pommes de terre. Cependant, ils ont maintenant la capacité de protéger leurs cultures avec des fongicides — une classe de pesticides spéci que aux champignons — et la génétique. Cet exemple frappant montre comment les technologies de l’agriculture moderne permettent d’accroître la sécurité et la  abilité de l’approvisionnement en aliments.
Champs et pâturages dans le Comté de Kerry (Irlande)
Dois-je m’inquiéter de résidus de produits chimiques  dans les aliments?
Non. Le risque « zéro » n’existe pas avec les résidus (ou le contrôle des risques), mais Santé Canada  xe le seuil acceptable de pesticides qu’une personne peut ingérer à au moins 100 fois en deçà du seuil de sécurité.64 Le matériel de laboratoire et les méthodes d’analyse modernes sont de plus en plus perfectionnés et permettent de détecter d’in mes quantités de résidus. Il n’y a pas si longtemps, nous parvenions à détecter des résidus présents en parties par million (ppm); mais aujourd’hui, il est possible de détecter des parties par milliard ou même des parties par trillion. Plus les méthodes d’analyse sont poussées, plus il est possible de détecter des traces in mes de résidus; en fait, des quantités si in mes qu’elles sont inoffensives, mais qui apparaîtront quand même dans les résultats des tests.
Le saviez-vous?
La famille canadienne économise en moyenne 4400 $ par an sur les coûts associés à l’alimentation, grâce aux avancées scienti ques dans les domaines de la biotechnologie et des pesticides. Cela représente environ 60 milliards de dollars d’économie pour le pays dans son ensemble.65
36
Dana Stoyberg
La vérité au sujet de l’agriculture
Qu’est-ce que ça  représente une partie  par milliard? 
C’est l’équivalent d’une seconde en 32 ans, ou d’une goutte d’eau dans une piscine olympique, ou encore, d’un seul brin d’herbe dans un terrain de sport.


































































































   34   35   36   37   38