Page 48 - RealDirtFRE2017(Mar)
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Krystal Schipper
Les rots et les pets des vaches ont-ils une in uence  sur le climat?
On estime que l’agriculture serait responsable de 10 % des émissions canadiennes de gaz à effet de serre77. Le méthane, dont la principale source est le bétail, représente le tiers de ces 10 %. Eh oui, les rots de vaches sont une source
de méthane. Le rumen des bovins, des moutons, des cerfs et des autres ruminants contient des bactéries qui aident à dégrader les aliments ingérés. Le méthane est un sous-produit de cette fermentation et est éliminé par éructation. L’impact que le bétail a sur l’environnement peut varier grandement, selon un certain nombre
de facteurs : la qualité de l’alimentation, la génétique et la partie du monde dans laquelle le bétail est élevé par exemple.
Les avancées modernes dans la génétique
et la nutrition ont engendré des animaux plus « ef caces » d’un point de vue environnemental. Les chercheurs et les agriculteurs continuent de travailler pour diminuer la quantité de méthane produite par les animaux. Il y a environ 10 ans, un agriculteur de l’île du Prince-Édouard a commencé à nourrir ses bêtes avec des algues provenant des plages avoisinantes pour réduire les coûts associés à la nourriture.78 Un chercheur de l’Université Dalhousie a découvert que ce mélange réduisait les émissions de méthane jusqu’à 20 %, et, après avoir déménagé en Australie, le chercheur a continué ses recherches
avec de nombreux types d’algues différents. Il a  nalement découvert une algue qui, lorsqu’ajoutée à l’alimentation des bovins et des moutons, pouvait réduire la quantité des
gaz à effet de serre globale jusqu’à
70 %. Cela équivaut presque au même niveau de dioxyde de carbone émis par la totalité de l’Inde chaque année.79
Le saviez-vous?
Les gaz à e et de serre n’ont rien à voir avec les serres. Ils s’appellent ainsi parce qu’ils agissent comme un écran en retenan la chaleur dans l’atmosphère, de la même manière que les parois d’une serre empêchent la chaleur de se dissiper. Le méthane et le dioxyde de carbone en sont des exemples. Ce processus contribue au changement climatique.
Qu’en est-il du fumier et de l’eau?
Le fumier est un excellent engrais. Cependant, les agriculteurs dépendent de l’eau propre pour leur famille, le bétail et les cultures. Le fumier peut contaminer cette eau s’il n’est pas géré convenablement. La plani cation de la gestion des nutriments — qui couvre le fumier, les engrais commerciaux et toutes les autres sources de nutriments pour la ferme — permet d’assurer que les cultures et les sols reçoivent tous les bienfaits des nutriments, sans nuire à l’environnement. Voilà comment cela fonctionne :
• Tester le sol et le fumier – en sachant exactement quels nutriments sont déjà présents, ce qui est nécessaire et quand, les agriculteurs peuvent ajouter au sol ou à une culture spéci que seulement ce qui être utilisé.
• Calibrer ou ajuster le fumier et les épandeurs — pour savoir exactement quelle quantité est appliquée et si elle est appliquée correctement.
• Gérer le fumier stocké — le
fumier ne devrait pas être épandu sur la terre pendant les mois d’hiver, car
il y a une plus grande chance qu’il ne soit pas évacué lors de la fonte des neiges, et ne pénètre pas dans le sol gelé. Les agriculteurs doivent s’assurer qu’ils disposent des installations qui conviennent pour stocker en toute sécurité le fumier produit par leur bétail pendant l’hiver.
• Localiser des nouveaux bâtiments agricoles — s’assurer qu’ils sont assez éloignés des voisinages et des ressources naturelles, comme l’eau et les zones humides.
• Plani er les situations d’urgence — savoir quoi faire en cas de problème pour pouvoir répondre à l’urgence rapidement et ef cacement.
Qu’en est-il de l’odeur du 
fumier?
Rien de tel que l’odeur du fumier pour engendrer des con its de voisinage. Il peut émaner des granges et des entrepôts, mais c’est lorsqu’il est épandu sur les champs que son odeur est la plus forte. Différentes techniques et technologies permettent
de diminuer l’odeur du fumier, comme le compostage du fumier solide ou l’ajout de produits qui minimisent son odeur, mais malheureusement, il s’agit d’une réalité
de tous les jours qui n’est pas prête de disparaître. Pour éviter de déranger leurs voisins, de nombreux fermiers les informent à l’avance de la date d’épandage.
48 La vérité au sujet de l’agriculture
Kaitlyn O’Neill
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